SPO Rouen Pro B
Publié le mardi 02 novembre 2010
TENNIS DE TABLE. Pro B A 34 ans, Eric Varin s'autorise encore quelques saisons au plus haut niveau. Tant qu'il s'épanouit à la table et que son dos le laisse en paix, le Bas-Normand fera le bonheur du SPO Rouen, qui reçoit Metz, ce soir à Pélissie...
Manquant de sensations il y a deux semaines, Eric Varin avait peiné face à Saint-Louis (photo Stéphanie Jaume)
«Les pourcentages de réussite, je n'ai jamais vraiment avancé avec ça. Si je termine la saison à 50 % en Pro B, ce sera pas
mal. C'est tellement aléatoire… » Eric Varin ne calcule pas. A la logique de rentabilité, qui s'est largement infiltrée dans le sport professionnel, le Bas-Normand (34 ans) préfère celle du
plaisir. « Je suis aussi là pour ça. Il ne me reste plus beaucoup d'années. J'essaie d'en profiter tout en m'inscrivant dans les ambitions du club. »
Recruté au printemps 2009, il a pleinement rempli sa mission la saison passée en hissant le SPO Rouen en Pro B avec le
Chinois Li Yong (n° 96) et les quatre coéquipiers amateurs, Julien Novarre (n° 115), Christophe Le Corvec (n° 209), Grégory Cognard (n° 257) et Emile Costard (n° 369).
Cette année, le meilleur club normand s'est fixé comme un objectif le maintien. Varin s'y colle aux côtés de Li et des deux
recrues, le Serbe Marko Jevtovic (n° 47) et le prometteur junior Alexandre Robinot (n° 161). Avec réussite à Saint-Maur, où il s'est débarrassé de Yang Chen (n° 45). Beaucoup moins il y a deux
semaines face à Saint-Louis : balayé par le Britannique Alexander Perry (n° 59) et trahi notamment par son coup droit, il n'a pas pu se venger sur le Croate Ivan Juzbasic (n° 50). « J'ai raté des
contres top-spin sur lesquels je suis très à l'aise d'habitude, sans vraiment comprendre pourquoi. » Qu'importe.
Un coach de luxe
L'ancien international, qui a quitté l'INSEP où il s'entraînait jusqu'en 2009, pour le pôle Espoirs de l'agglomération
rouennaise, s'est vite remis au travail. Il s'est même rassuré il y a dix jours à l'occasion du premier tour du critérium fédéral, qualificatif pour les championnats de France individuels. « J'ai
difficilement battu Jonathan Nativel (Istres, n° 149, 4 sets à 2) puis Clément Drop (Saint-Quentin, n° 127) 4-0 et Jérémy Petiot (Villeneuve-sur-Lot, n° 67) 4-2. Je perds 4-2 en quarts de finale
contre Liu Song (Cestas, n° 19) 4-2 en jouant pas mal. Je me suis amusé, j'ai pris beaucoup de plaisir et retrouvé la confiance. »
L'autre bonne nouvelle concerne le dos du champion d'Europe par équipes 1998, opéré d'une hernie discale en 2005. Après une
grosse alerte cet été en pleine phase de préparation, tout semble rentrer dans l'ordre. « Ça m'est arrivé en faisant le ménage chez moi… Je me suis relevé, j'ai senti une barre dans le dos, une
grosse douleur. J'ai dû tout arrêter et attendre que ça se passe. Avec l'expérience, j'ai appris à faire avec. »
Moins fort qu'avant son opération, le Caennais reste l'un des plus grands talents du ping français. Atout maître du SPOR, il
met aussi son expérience au profit de ses jeunes coéquipiers. « Guillaume (Marais, le capitaine) et moi nous partageons le coaching au feeling. Je m'occupe plus de Marko, qui ne parle qu'anglais.
Quand je dois jouer juste après, j'essaie de bien me préparer mais quand je peux aider, je le fais, bien entendu. Je n'oublie pas ce que Damien Eloi (Chartres, n° 14) a fait pour moi quand je
suis arrivé à Pontoise (1993). » Eric Varin ne compte pas, il se fait plaisir.
Première victoire à Pélissier ?
Crédité d'une victoire (0-4 à Saint-Maur) et d'un bon nul (3-3 devant Saint-Louis), le SPO Rouen a l'occasion de poursuivre
sa conquête de la Pro B, ce soir à Pélissier.
Son adversaire, le TT Metz, reste sur un piètre nul devant Auch (3-3) après avoir encaissé deux nets revers à Saint-Denis
(4-0) et face à Saint-Louis (1-4). « Ils sont dans une phase difficile », reconnaît Eric Varin. C'est peu dire. Son leader, le Tchèque Josef Plachy, troisième classement de Pro B (n° 39), ne
compte que deux succès pour trois défaites, dont une contre-performance face au junior Benjamin Brossier (n° 133).
Il y a deux semaines, le jeune Auscitain était aussi venu à bout du Belge Phlippe Saive (n° 47). Depuis le début de la
saison, le frère du grand Jean-Michel (champion d'Europe 1994 notamment) affiche un triste bilan de quatre défaites en quatre parties. Même si le Chinois Tian Zichao (n° 90) a fait mieux avec
deux victoires sur quatre, Metz semble clairement prenable. « Selon la physionomie du match, un nul serait un résultat correct », nuance Varin, histoire d'évacuer toute pression.
Côté rouennais, ce match devait marquer les retrouvailles du Chinois Li Yong (n° 96) avec la Pro B qu'il a connu il y a
quelques années à Nantes. Mais son épaule droite en a décidé autrement. Le jeune prodige Alexandre Robinot (n° 161) sera donc titularisé pour la troisième fois en trois matches. Séduit - parfois
même subjugué - par le talent et la détermination du bonhomme, le public rouennais ne s'en plaindra pas. A moins qu'il ne croise la route de Dorian Nicolle (n° 271, 16 ans), Robinot (14 ans)
jouera encore la « perf » face à des joueurs autrement plus expérimentés que lui.
Pour l'emporter dans sa salle, le SPOR devra donc s'appuyer sur un voire deux sans-faute de ses leaders, Varin (n° 49) et le
Serbe Marko Jevtovic (n° 47).
SPO Rouen - Metz, ce soir à 19 h 30, salle Pélissier.
SPO ROUEN : Marko Jevtovic (Ser, n° 47), Eric Varin (n° 49), Alexandre Robinot (n° 161).
METZ TT : Josef Plachy (Rtc, n° 39), Philippe Saive (Bel, n° 47), Tian Zichao (Chn, n° 90) ou Dorian Nicolle (n°
273).
Tarifs : 3 €, moins de 12 ans 2 €.