SPO Rouen Pro B
Le SPO Rouen a fait très forte impression, mardi soir dans sa salle Pélissier. Bourreau de Metz (4-0), le club normand se hisse même à la 3e place du championnat.
Alexandre Robinot a réussi la grosse « perf » de la soirée en terrassant l'expérimenté Tchèque Josef Plachy (photo Jean-Marie Thuillier)
L'Essentiel
Il faudrait être sacrément pessimiste pour douter des capacités du SPO Rouen à se maintenir en Pro B. Invaincus en trois
journées de championnat après avoir été exempts dès la première, les Rouennais, tombeurs de Metz avec une réussite déconcertante mardi soir dans leur antre (4-0), accèdent logiquement au podium,
à deux points de Saint-Louis, avec qui ils ont partagé les points il y a deux semaines (3-3) et une longueur de Saint-Denis, qu'ils défieront le 14 décembre en Ile-de-France. Le plan de Guillaume
Marais s'est déroulé sans accroc. Faisant preuve d'une grande solidité mentale, ses joueurs n'ont lâché que quatre petits sets à une équipe messine pourtant plus forte sur le papier.
Le tournant du match
Marko Jevtovic (n° 47) et Eric Varin (n° 49) ont déjà mis Rouen sur orbite. Josef Plachy (n° 39) doit impérativement relancer
Metz mais il découvre à ses dépens l'incroyable talent du junior première année Alexandre Robinot (n° 161). Le prodige trouve des angles magnifiques avec son coup droit et se montre quasiment
invincible à mi-distance malgré son mini-gabarit. Après la perte du premier set, le Tchèque ne s'affole pas. Grâce à de bons choix de service, il remporte le deuxième après avoir été mené 10-8.
Il mène la danse et remporte logiquement la troisième manche. Dans la suivante, Robinot, bien aidé par le filet et les bords de table, mène 9-3 mais voit Plachy remonter à 9-7 puis à 10-10. A
10-11, il sauve même une balle de match devant un Tchèque médusé. L'ado recolle à 2-2 grâce à un missile lancé pleine ligne droite (14-12). La belle est passionnante. Plachy tente de fermer le
jeu mais ne parvient pas à endiguer les vagues de coups droits qui déferlent de tous les côtés. Mené 7-4, il dégoupille, jette sa raquette sur la table, prend un temps mort et… un carton jaune.
Privé de solutions, il ne refait pas son retard. Sous les vivats, le junior tire un dernier contre top spin rageur, tombe à terre et lève ses deux petits bras au ciel. Rouen a fait le break
(3-0).
Le Rouennais du match
Pélissier a retrouvé avec plaisir « son » Eric Varin. Face à Phlippe Saive (n° 47), qu'il n'avait jamais battu, l'ancien
international a fait parler son expérience et son surprenant toucher de balle. Plus détendu et inspiré que face à Saint-Louis, il déploie un jeu plaisant, alternant à merveille finesse et
puissance et variant effets et placements à bon escient. Le Belge arrache le troisième set grâce à de bonnes prises d'initiatives mais Varin ne commet plus une faute dans le quatrième. Il
parvient même à retourner quelques points incroyables en défense, à l'image du dernier, qui voit la balle de Saive accrocher le filet. Le Normand tend son bras, la remet en coup droit et provoque
la énième faute de Saive. Chapeau l'artiste !
A Rouen, SPO Rouen bat TT Metz 4 à 0.
Jevtovic (SPOR, n° 47) bat Tian (TTM, n° 90) 3 sets à 1 (12-10, 11-8, 9-11, 11-6) ; Varin (SPOR, n° 49) bat Saive
(TTM, n° 47) 3-1 (11-6, 11-9, 10-12, 11-9) ; Robinot (SPOR, n° 161) bat Plachy (TTM, n° 39) 3-2 (11-7, 11-13, 10-12, 14-12, 11-7) ; Jevtovic bat Saive 3-0 (11-9, 11-9, 11-6).
Marais : « Une belle aventure »
Guillaume Marais (capitaine du SPO Rouen) : « Je commence à prendre le tempo de la Pro B. Je suis content de
moi, j'ai fait une bonne composition d'équipe. Je ne pensais pas que Metz mettrait Plachy en troisième position mais ça n'a rien changé. Les matches se sont bien enchaînés. Notre leader s'est
montré solide. Eric est encore bien présent et Alexandre nous sort un grand match. C'est une belle aventure qui se poursuit, devant 400 personnes, en plus. J'espère que ça montre une belle image
du tennis de table. »
Eric Varin (SPO Rouen) : « Le match a été bien plus serré qu'il n'y paraît. Contre Saive, j'ai pris un bon
départ mais il est bien revenu dans le deuxième set et après, ç'a été du 50-50. Je ne l'avais jamais battu car je n'apprécie pas vraiment son système de jeu mais vu sa forme actuelle (NDLR : six
défaites sur six parties disputées cette saison), je savais que c'était possible. Je sens bien mieux la balle. Mon récent changement de raquette y est sans doute pour quelque chose. »
Marko Jevtovic (SPO Rouen) : « J'ai un peu de mal à débuter mes matches. Ma concentration est moins
importante, je me tiens un peu en retrait et je tente plus de choses pour jauger mes adversaires. Je suis content d'avoir encore gagné mes deux parties malgré ces départs compliqués. Je ne suis
pas arrivé avec la certitude d'être invincible mais conscient de mon potentiel. Je savais que ce championnat serait relevé, c'est aussi pour ça que j'ai signé ici. Je salue mes partenaires, qui
me mettent dans les meilleures dispositions possibles. Même s'ils perdent, comme il y a deux semaines face Saint-Louis, je sens qu'ils donnent leur maximum et qu'ils sont à fond derrière moi.
»
Philippe Saive (TT Metz) : « Avec Josef, à nous deux, nous cumulons trente-cinq années dans le Top 100
mondial. Nous avons les moyens de battre n'importe qui… à condition de bien jouer. Je donne un set et demi à Varin avant de rentrer dans la partie. A ce niveau-là, c'est interdit. Josef a une
balle de match contre Robinot… Ce petit gamin est extrêmement talentueux et combatif. Il a toutes les qualités pour faire une grande carrière. Tous les trois, nous ne sommes plus professionnels à
100 %. Nous trichons avec un peu de métier et de roublardise mais ça ne suffit plus. »