Recruté cet été, le Serbe du SPO, Marko Jevtovic, est bien le leader qu'attendait Rouen.
Arrivé à l'été dernier au SPO Rouen, Marko Jevtovic a resigné un nouveau contrat des deux mains (photo Stéphanie Jaume)
Depuis son arrivée à Rouen en provenance du club allemand de Tegernheim (2e division) l'été dernier, Marko Jevtovic s'est
imposé comme un élément indispensable du SPO. Classé n° 146 mondial, il vient même, à 24 ans, de passer joueur n° 2 de son pays, la Serbie, derrière Karakasevic (n° 87 mondial), et devant Pete
(n° 167), qui le précédait encore le mois dernier. Guillaume Marais, l'entraîneur du SPO, nous livre son regard sur l'homme et son parcours au club.
SA SAISON
« C'est une grosse satisfaction. Il en est à 17 victoires (NDLR : dont deux performances réalisées face à l'Isséen Abdel
Kader Salifou (n° 27) et le Messin Josef Plachy (n° 39 en début de saison)) et 4 défaites, même s'il aurait pu gagner un ou deux matches en plus (NDLR : il a notamment réalisé deux
contre-performances face au Nigerian de Caen Kazeem Nasiru (n° 76) et au Villeneuvois Admir Duranspahic (n° 86)). Aujourd'hui, c'est un très bon joueur qui a encore une bonne marge de
progression. C'est toujours plaisant pour des clubs comme nous d'avoir un joueur de ce niveau-là qui a resigné un nouveau contrat des deux mains, alors qu'il aurait pu envisager de jouer plus
haut. »
SA PERSONNALITE
« Au-delà de ses résultats, il a vraiment une mentalité impeccable. Il fait tout pour s'intégrer à l'équipe, au club, il
joue avec les jeunes… Il correspond exactement à ce qu'on recherchait. A Metz, en plus de prendre ses deux points, il a réussi à pousser Eric (Varin), pour qui la soirée était un peu difficile.
Il prend des initiatives, et c'est quelque chose que j'aime bien. Il s'entend très bien avec Eric et Alex (Robinot), même avec Yong, qui joue un peu moins que les autres. Ce n'est pas évident
de trouver une cohésion d'équipe quand on y intègre des nouveaux joueurs, et l'attitude de Marko contribue beaucoup à l'animation du groupe. »
SES QUALITES
« C'est un joueur assez complet. Il est très fort dans le début de l'échange, en service-remise, a un bon toucher de balle,
un bon sens du jeu, et est à l'aise des deux côtés. Quand il faut être efficace, on peut compter sur lui. Mais surtout, il prend du plaisir. C'est quand même important, car dans le « ping » de
haut niveau, on peut parfois s'enfermer dans des schémas de jeu. Il a les capacités de descendre sous les 100 mondiaux. Ces victoires contre certains joueurs du top 30 mondial sont là pour le
prouver. »
SES DEFAUTS
« Son seul défaut est de croire parfois que le point est déjà fini quand il est bien dans l'échange. Dans ces situations,
il peut manquer d'un peu de maturité ou de rigueur dans ses choix. C'est le problème quand on sait tout faire. Il a perdu beaucoup de matches comme face à Primorac (Zoran, hongrois, n° 45
mondial) ou Kreanga (Kalinikos, Grecque, n°25 mondial) peut-être parce que les balles jouées en dilettante ne passent pas contre ces joueurs-là. Il ne bénéficie pas des mêmes conditions
d'entraînement en Serbie qu'en France. Là-bas, il est un peu autonome, alors qu'il aurait besoin de s'entraîner plus dur encore. Au niveau de son hygiène de vie, il y aurait des choses à
revoir. Il mange un peu « freestyle ». La bouteille de Coca en match ? Oui, ça fait rigoler tout le monde. Je pense qu'il y a aussi un peu de superstition dans cela. Attention, il boit de l'eau
aussi ! »
Raphaël Ferber